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La Guinguette à deux sous: une noce à la campagne et un cadavre dans le canal Saint-Martin

Ce roman paraît en décembre 1931. Le titre évoque à la fois le café de campagne où l’on va danser, et le bord de Seine pour les pêcheurs du dimanche. Sur la couverture de l’édition originale, on trouvera les deux thèmes: sur le devant, des rames de bateau, et sur le dos, une auberge. La même illustration est reprise pour la première édition italienne de 1932.

Dans d’autres éditions, on retrouve la maison de campagne, et, en plan plus rapproché, les tables installées au bord de l’eau.

La guinguette peut aussi être évoquée par le bord de l’eau, avec pêcheurs ou bateaux, ou par une vitrine de café, ou encore par des danseurs.

Un autre choix de décor est celui du canal Saint-Martin, et de la scène du corps jeté à l’eau.

D’autres scènes peuvent être choisies, comme celle de la noce, ou la mort de Feinstein.

 

L’Ombre chinoise: une silhouette derrière la vitre

Ce roman est publié en janvier 1932. Son titre est moins parlant qu’il n’en a l’air à première vue: il ne s’agit pas ici d’un quelconque « jeu d’ombres », mais bien d’une silhouette, celle d’un « mort qui continuait à se découper en ombre chinoise sur la vitre dépolie » comme l’auteur le décrit à la fin du premier chapitre. C’est donc bien cela que l’on va illustrer: le corps d’un homme affalé sur son bureau, que l’on aperçoit à travers une fenêtre. Sur la couverture de l’édition originale, on trouve sur le devant le cadavre vu à travers la vitre, et sur le dos la cour d’un immeuble. Comme l’explique Michel Carly dans son livre Les Secrets des «Maigret», cette couverture est réalisée sous forme d’un montage, comme le sont d’autres couvertures de la même série. La même couverture est réutilisée pour la première édition italienne de 1932.

La même image va être reprise sous forme de dessin dans plusieurs éditions.

On trouve aussi d’autres illustrations d’un personnage en ombre chinoise, vu à travers une vitre, sans qu’il soit pour autant identifié comme le cadavre de Couchet. En cela, ce choix n’est pas faux pour autant, car dans le roman, il y a d’autres silhouettes qui se découpent derrière une vitre: en particulier, M. et Mme Martin que Maigret voit se disputer.

Sur une autre couverture, on voit aussi un cadavre en ombre chinoise, mais on y a ajouté un personnage de femme, Mme Martin. La scène peut être vue de l’intérieur de la pièce, et la femme présente peut être Nine; la victime peut aussi être représentée devant le coffre-fort ouvert; dans une autre édition, l’image est présentée sous un angle différent: on voit au premier plan la tête de la victime, et en arrière-plan Maigret qui la découvre.

L’histoire se déroulant pour une bonne part place des Vosges, celle-ci va aussi être montrée.

Pour certaines éditions, on a choisi d’autres éléments de l’intrigue: le suicide de Roger Couchet, le parapluie de Mme Martin, ou encore Couchet devant son coffre-fort ouvert en train de manier les billets de banque.

Et enfin, ces deux éditions dont le choix d’illustration est particulièrement original: une édition néerlandaise prend l’expression du titre au pied de la lettre, et présente des symboles plus ou moins chinois dessinés par des pipes; une édition allemande montre le visage d’un homme (M. Martin ?) entouré des billets de banque jetés à la Seine (celle-ci peut être symbolisée par les vagues qui forment en même temps les rides du visage de l’homme).