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En juin 1945, Simenon écrit une nouvelle, la plus longue qu’il ait écrite jusque-là mettant en scène son héros. Son titre, La pipe de Maigret, est symbolique. C’est le « deuxième retour de Maigret », en quelque sorte, mais son auteur ne le sait pas encore…

Pierre Lazareff lui demande d’écrire un roman, qu’il pourrait publier dans son nouveau journal, France-Soir. Simenon écrit en août Maigret se fâche, un court roman qui narre une enquête de Maigret alors que celui-ci est à la retraite. Il est encore trop tôt pour lui faire reprendre ses activités à la PJ… Le texte paraît en feuilleton dans France-Soir entre mars et mai 1946.

Mais pour le moment, c’est le départ en Amérique qui compte, et voilà Simenon débarquant en octobre 1945 à New York. En même temps qu’il change de continent, Simenon va aussi changer d’éditeur. Ce sera Sven Nielsen, qui vient de fonder une nouvelle maison d’édition, Les Presses de la Cité. Simenon va lui donner un premier texte, Je me souviens, un récit autobiographique, qui paraît en décembre 1945. Alors que Gallimard va encore publier, jusqu’en 1948, les derniers romans de Simenon écrits sur sol français, Simenon confie à Nielsen, en 1946, son premier roman américain, Trois chambres à Manhattan. C’est le début d’une longue série de romans publiés par les Presses de la Cité.

Le deuxième roman que le romancier écrit sur sol américain est… un Maigret: Maigret à New York, où l’auteur s’amuse à prêter à son héros ses propres réactions devant la découverte de l’american way of life… Ce roman est publié en juillet 1947, quelques jours après qu’ait paru La pipe de Maigret, qui regroupe la nouvelle éponyme et le roman jadis publié dans France-Soir.

Si les « romans durs » bénéficient d’une reliure toile d’édition, les Maigret sont munis d’une couverture en papier fort, mais ils ont droit, comme les autres romans, à une jaquette illustrée. Les dix premiers Maigret des Presses de la Cité sont recouverts d’une de ces jaquettes, au dessin très original.