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Maigret et l’inspecteur Malgracieux: mort au téléphone

Entre avril et août 1946, Simenon écrit quatre nouvelles mettant en scène le commissaire Maigret. Elles seront regroupées dans un recueil, publié en octobre 1947, et portant le titre d’une des nouvelles: Maigret et l’inspecteur Malgracieux.

L’édition originale illustre joliment l’intrigue de la nouvelle, qui se passe à Montmartre: on voit un écriteau du 18e arrondissement et l’église du Sacré-Cœur se devine en arrière-fond.

L’idée du quartier de Montmartre est reprise dans la première réédition, où l’on voit une borne indiquant « Lamarck/Caulaincourt ». On retrouve la borne dans deux autres éditions, avec la présence de la victime en sus. D’autres éditions reprennent le thème de l’homme au téléphone, dont on ne sait pas toujours s’il s’agit plutôt de la victime, du meurtrier, ou de Lognon lui-même. Une édition présente le meurtrier – aussi un homme au chapeau – transportant sa victime.

 

D’autres éditions illustrent différemment le thème de l’intrigue, par exemple en montrant une rue ou un café typique.

On trouve encore le téléphone dans une édition hongroise, ainsi que dans une édition espagnole, où l’illustrateur a habilement présenté la rivalité entre les deux sœurs.

On notera ces deux façons originales d’illustrer le thème: les gouttes de pluie qui rappellent l’atmosphère pluvieuse de la nouvelle: « Derrière les grandes fenêtres sans rideaux, on voyait la pluie tomber à torrents, une pluie d’été, longue et très fluide, qui mettait des hachures claires dans la nuit. »; le corbeau dont l’air sinistre doit sans doute évoquer les allures de Lognon…

Le recueil comporte, outre la nouvelle éponyme, trois autres nouvelles: Le témoignage de l’enfant de chœur, Le client le plus obstiné du monde, On ne tue pas les pauvres types. Ces nouvelles ont été éditées séparément, dans les années 2000, dans la collection Carnets Omnibus. L’illustration de Maigret et l’inspecteur Malgracieux reprend le thème de la borne de secours. Les trois autres nouvelles sont imagées respectivement par l’enfant de chœur découvrant le cadavre et l’ombre du meurtrier; le client obstiné au café; Tremblet et ses canaris.

On trouve d’autres éditions où des thèmes de ces nouvelles sont illustrés: par exemple, les canaris de Tremblet, le meurtre de celui-ci; le cadavre découvert par l’enfant de chœur, ou celui-ci avec Maigret.

Maigret et son mort: le cadavre et la bande des Tchèques

L’année 1947 s’achève sur la rédaction en novembre de Les vacances de Maigret et en décembre de Maigret et son mort. Si, dans le premier, Maigret n’est plus à la retraite, son auteur le présente néanmoins encore en vacances. Ce n’est que dans le second qu’il retrouve sa pleine activité, et son bureau au Quai des Orfèvres. Avec l’éloignement, Simenon retrouve la nostalgie de Paris et son commissaire lui sert de lien avec ses souvenirs…

Un petit mystère demeure: pourquoi, alors que la rédaction de Les vacances de Maigret précède celle de Maigret et son mort, celui-ci est-il publié le premier (en mai 48, et l’autre en juin) ? Est-ce parce que le thème des vacances était plus attractif pour un achat en juin, proche de l’été ? Nous n’avons pas la réponse, mais peut-être un simenonien éclairé pourra-t-il nous apporter quelque lumière sur le sujet…

L’édition originale de Maigret et son mort comporte une couverture au dessin très pittoresque. Le thème du squelette est repris en partie dans deux autres éditions.

D’autres éditions montrent aussi un cadavre, mais pas sous forme de squelette: on peut voir simplement un corps étendu, ou sa découverte place de la Concorde, ou encore son autopsie.

D’autres thèmes du roman sont aussi illustrés: les téléphones d’Albert à Maigret, les chevaux du champ de courses, le restaurant d’Albert, la bande des Tchèques, le meurtre de Carl Lipschitz, ou la poursuite de Poliensky par Lucas.

Parfois, ce sont des objets qui évoquent quelque chose de l’intrigue, comme le couteau qui a tué Albert, ou le billet de train compromettant.

Certaines éditions se contentent d’ambiances plus généralistes: vue sur la place de la Concorde; petit café d’habitués; ou une illustration qui image le chapitre 3, où Maigret, grippé, se trouve chez lui, dans son fauteuil, une tasse de tisane à portée de la main.

 

Les vacances de Maigret: couteau, valise et transat

Le titre de ce roman inspire naturellement des illustrations en rapport avec le mot « vacances ». L’édition originale résume de façon très jolie ce thème: le « M » de « Maigret » se termine par un bras qui tient une valise, on voit encore en avant-plan un billet de train pour les Sables-d’Olonne, le tout sur un fond de plage où ne manquent ni les cabines de bain, ni le phare, ni même une barque. La première édition suédoise reprend la même idée, et une partie des mêmes éléments.

Le thème des vacances peut s’imager de différentes façons, par exemple en montrant un fauteuil transatlantique, des valises, des cartes postales ou une plage.

Certaines éditions choisissent un autre point de vue pour le décor: une édition japonaise et une édition anglaise présentent une rue de la ville, une édition norvégienne présente le bord de mer, avec en arrière-plan une maison qui pourrait être celle du Dr Bellamy, une édition hongroise montre juste un phare.

Un autre choix peut se faire en privilégiant un thème de l’intrigue même, comme l’accident arrivé à Lili.

On trouve encore d’autres façons d’illustrer l’intrigue, comme le couteau d’argent avec lequel Emile a été tué, le lit d’hôpital de Lili, ou la porte de la chambre de celle-ci, avec le numéro 15.

Notons enfin cette édition néerlandaise, qui montre de façon originale Maigret partant en vacances, et cette édition espagnole, qui lie joliment deux thèmes: le lit d’hôpital de Lili est en arrière-plan, devant se trouve le visage de Soeur Marie des Anges, et en surimpression le couteau d’argent.