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Le fou de Bergerac: l’attaque du train

Ce roman paraît en avril 1932. L’illustration de l’édition originale est une idée de Simenon. C’est le romancier qui a voulu l’image d’un train, la nuit, en pleine campagne. Sur le devant de la couverture, on voit un homme à terre, le chapeau melon tombé à côté de lui: Maigret… ou le fou lui-même … ?

On va retrouver le motif ferroviaire dans de nombreuses autres éditions: on y verra un train, ou des rails, ou encore la scène où l’inconnu saute du wagon en marche, et celle de l’attentat contre Maigret.

On trouve aussi des illustrations de la poursuite de l’inconnu par Maigret.

D’autres illustrations optent pour le choix de montrer le fou et/ou sa victime.

Une autre façon d’évoquer le roman est de présenter des éléments qui font partie de l’intrigue ou qui évoquent un aspect de celle-ci: un panneau indicateur de la ville, un billet de train avec des timbres et une aiguille dans un cœur, des souliers et une bande de gaze.

Certaines éditions ont choisi de présenter un décor de ville, comme s’il était vu à travers le regard de Maigret installé dans sa chambre d’hôtel. On peut aussi illustrer l’hôtel où Maigret séjourne.

Pour cette édition anglaise, on a choisi de mêler deux éléments importants de l’intrigue: les souliers et le train.

 

Le port des brumes: des bateaux et du brouillard

Ce roman est publié en mai 1932. Le titre évocateur pourrait permettre un choix facile dans l’image: il suffirait de montrer des bateaux au port, et de noyer le tout dans le brouillard… Cependant, les illustrateurs vont faire preuve d’un peu plus d’imagination. L’édition originale présente un bateau, sur lequel se trouve un marin. Au dos de la couverture, on distingue aussi un bateau, et au loin des lumières; le tout est plutôt perdu dans la nuit que dans la brume…

Le thème du bateau, dans le brouillard ou non, va être repris dans plusieurs éditions.

Le titre du roman comportant le mot « port », c’est ce décor qui peut être choisi, et représenté par un élément caractéristique, par exemple un phare.

Dans d’autres éditions, c’est le mot « brumes » qui est mis en avant: dans une édition italienne, on présente la silhouette de Maigret vue dans le brouillard, et dans une édition néerlandaise, c’est tout l’arrière-fond qui est représenté comme un brouillard.

D’autres décors sont parfois choisis, comme la Buvette de la Marine, ou la cabine du Saint-Michel, ou encore le salon de Grandmaison.

Cette édition du Livre de Poche évoque la vie du port par l’image d’un filet de pêche.

Enfin, on mentionnera ces trois illustrations au choix original: une édition espagnole nous présente le visage de Joris, avec en arrière-plan un bateau et la silhouette de Julie; l’édition française Pocket nous propose ce joli dessin de Maigret en face du chat blanc de Julie; une édition anglaise nous présente Maigret et Julie ramenant Joris chez lui.

Liberty Bar: Sylvie sur la Côte d’Azur

Ce roman est publié en juillet 1932. Sur la couverture de l’édition originale, nulle trace du bar en question. On y voit deux femmes à une fenêtre (Gina et sa mère) en train de regarder le corps d’un homme étendu dans l’herbe (Brown). Au dos, une végétation luxuriante, qui doit probablement évoquer le parc de la villa d’Antibes.

Ce décor est rarement repris dans les éditions. On trouve une édition anglaise où une villa est représentée.

Les éditions qui privilégient le décor de la Côte d’Azur montrent en général des bateaux, un bord de mer, et les inévitables palmiers.

D’autres éditions préfèrent focaliser le décor sur une rue, qui doit évoquer les petites ruelles de Cannes où se trouve le Liberty Bar.

Si certaines éditions montrent des images des grands hôtels de la Croisette, d’autres préfèrent présenter la vitrine d’un bar.

D’autres éditions ont choisi de présenter Sylvie et Jaja au Liberty Bar.

D’autres éditions proposent une illustration originale, comme cette édition italienne, où on voit Maigret et Brown en miroir (illustrant ces phrases du chapitre 1 du roman: « Et voilà qu’en regardant le portrait [de Brown], Maigret était troublé, parce qu’il avait l’impression de connaître le personnage… […] Mais il y avait quelque chose, dans l’allure générale, dans l’expression, qui rappelait Maigret lui-même. »); ou cette autre édition italienne, où est présenté le corbillard de l’enterrement de Brown; ou encore cette édition espagnole, qui illustre le retour de Brown à la villa juste avant sa mort; ou enfin, cette édition allemande, où le titre du roman est présenté comme l’enseigne du bar.