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En 1944, Simenon est contacté par un jeune éditeur, Sven Nielsen, qui lui demande de préfacer le texte d’un écrivain norvégien. Simenon accepte et la rencontre entre le romancier et l’éditeur débouche sur une longue amitié. Simenon propose à Nielsen de lui donner un livre qui l’aidera à lancer sa maison d’édition (ce sera Je me souviens…, un texte autobiographique) et il lui offre de devenir son éditeur exclusif pour les romans publiés en français. Le premier Maigret à paraître aux Presses de la Cité sera La pipe de Maigret, qui regroupe une nouvelle, celle qui donne son titre à l’ouvrage, ainsi qu’un court roman, Maigret se fâche.

Citons encore Francis Lacassin: « Avec ses prédécesseurs, Fayard et Gallimard, Sven Nielsen partage l’espoir de gros tirages et le rêve de voir Simenon se consacrer à Maigret. Simenon ne veut pas décevoir ce nouvel éditeur qui lui a consenti des conditions exceptionnelles. […] Il a même accepté la suggestion de Nielsen de faire figurer le nom du héros dans le titre. Mais, pour bien montrer qu’il s’agit encore d’une parenthèse et que la carrière de Maigret est terminée, il le montre toujours à la retraite. Et le commissaire, l’ex-commissaire plutôt, y sera encore dans Maigret à New-York« .

En tout, ce seront 50 romans, plus 3 recueils de nouvelles, de la saga maigretienne qui paraîtront aux Presses de la Cité. Chaque année verra la publication de un à quatre romans de la série, alternant avec les « non-Maigret ».Et plus les années passeront, plus Maigret se rapprochera de Simenon, à moins que ce ne soit le contraire… Simenon utilisera son personnage pour aborder à nouveau des thèmes qu’il a traités dans des romans hors du cycle, pour lui faire porter ses propres sentiments, ses propres idées sur la justice, sur la destinée de l’homme ou sur la société. Comme l’écrit Lacassin: « Après avoir fait de l’ombre, dans un premier temps, à l’inspiration de Simenon, le Maigret Presses de la Cité est venu épauler celle-ci de façon parallèle. […] Maigret a permis à Simenon de traiter sur un registre plus tragique et plus fort certains de ses thèmes favoris. »

Les dix premiers romans de la saga qui paraissent aux Presses de la Cité comportent une jaquette illustrée, avec au dos un court texte de présentation signé Doringe (voir la rubrique « divers »).