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Maigret et la vieille dame: une dame à voilette, des bijoux et la falaise d’Etretat

Le titre de ce roman, publié en février 1950, semble appeler de lui-même son illustration, et pourtant ce n’est pas le portrait d’une vieille dame qu’on verra sur l’édition originale, mais une composition qui en illustre le thème: une vue sur le décor d’Etretat, et en avant-plan, la pierre précieuse de la bague volée à Valentine. La première réédition aux Presses de la Cité reprend le même décor pour sa composition photographique, la pierre en moins.

Certaines éditions reprennent le thème des bijoux, et en particulier de la bague cachée dans le soulier de Rose.

D’autres éditions préfèrent le thème du verre empoisonné, et une édition présente la scène de la mort de Rose.

Plusieurs éditions privilégient le choix de présenter un décor, qui doit évoquer plus ou moins la région d’Etretat.

Cette édition du Livre de Poche nous montre une maison qui pourrait être celle de Valentine.

Nombreuses sont les éditions qui reprennent les mots du titre, et nous présentent le portrait d’une vieille dame, qui n’est d’ailleurs pas toujours fidèle à la description qui en est faite dans le texte: « c’était, en effet, la plus délicieuse vieille dame qui se pût imaginer, fine et menue, le visage rose et délicat sous des cheveux d’un blanc immaculé, si vive et si gracieuse ». Un portrait physique d’ailleurs bien loin de refléter, comme on le découvre au fil du récit, le portrait moral de Valentine…

Certaines éditions choisissent de présenter la vieille dame en compagnie de Maigret.

Enfin, mentionnons cette édition danoise, qui nous présente un personnage qui pourrait être Henri Trochu, lorsqu’il demande à Maigret de l’emmener dans son taxi: « Il revint avec un sac de toile à voile, qui devait contenir ses effets pour la pêche. »; et cette édition néerlandaise, où l’illustrateur a reproduit la carte de visite avec laquelle Valentine se fait introduire dans le bureau de Maigret: « Mme Veuve Ferdinand Besson / La Bicoque / Etretat ».

 

L’amie de Madame Maigret: la boutique du relieur, un banc et un chapeau blanc

Comment illustrer le titre de ce roman, publié en mai 1950 ? En présentant un portrait de Mme Maigret (à noter par ailleurs que ce personnage apparaît très rarement sur une couverture de roman, comme si personne n’osait se risquer à donner une image ressemblante à celle que l’auteur a imaginée…) ou une illustration de cette « amie », qui reste mystérieuse tant qu’on n’a pas lu le texte ? D’autres choix vont souvent s’imposer, comme celui de présenter d’autres protagonistes importants de l’intrigue, ou un décor de celle-ci.

Ainsi, l’édition originale nous montre la boutique du relieur, rue de Turenne, d’où sort un homme muni d’une valise, qui pourrait être Alfred Moss. On retrouve d’autres illustrations de rue qui doivent nous évoquer ce lieu.

La boutique de Steuvels peut aussi être représentée par un élément, tel le calorifère, ou la cheminée (et les deux dents indices du meurtre).

On trouve aussi l’illustration d’un autre lieu de l’intrigue: le square d’Anvers, où Mme Maigret attend l’heure du rendez-vous de son dentiste, et où elle a fait la connaissance de Gloria. Ce lieu est représenté par un banc.

Un autre choix peut être de présenter des personnages de l’intrigue, tels Steuvels et Fernande, Gloria et son petit garçon, ou Gloria seule en « dame au chapeau blanc ».

On trouve d’autres éditions où le choix a porté sur l’illustration d’un objet caractéristique de l’intrigue: le chapeau blanc de Gloria, la valise d’Alfred Moss, ou les instruments du relieur.

Enfin, mentionnons cette édition espagnole, qui nous montre l’attentat contre la comtesse, et cette édition néerlandaise, qui illustre en trois symboles l’intrigue: la Tour Eiffel pour le contexte parisien, la voiture pour le meurtre de la comtesse, et la devanture de la boutique du relieur.