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Maigret et la jeune morte: une robe bleue sur un trottoir

Ce roman est publié en juin 1954. Le titre assez limpide permet une illustration évidente. Encore faut-il connaître un peu l’intrigue pour imager au mieux cette « jeune morte ». De nombreuses éditions présentent donc le cadavre d’une jeune femme étendue sur un trottoir mouillé, certaines la revêtent de sa robe bleue, et d’autres la montrent déchaussée d’un soulier.

D’autres éditions mettent le visage de la jeune morte en avant-plan.

D’autres éditions préfèrent mettre l’accent sur les objets portés par Louise, tels sa robe bleue, ses souliers, ou son sac.

Enfin, mentionnons ces trois éditions: une serbe qui montre Maigret et Janvier au bar d’Albert (notons le visage de la jeune morte qui plane comme une ombre au-dessus des protagonistes; une allemande qui présente Louise lors de son périple à travers Paris; une slovène qui montre Louise assise sur un banc de square, comme elle est décrite par Rose, la jeune bonne.

 

Maigret chez le ministre: deux pipes et un bureau

Le titre de ce roman, publié en janvier 1955, est moins facile à illustrer qu’il n’en a l’air: en effet, à quoi reconnaît-on un « ministre » ?! Il faut donc présenter soit un décor qui rappelle la « pompe ministérielle », soit une scène ou un objet qui évoquent quelque chose du roman.

L’édition originale présente la scène où Maigret vient de quitter l’appartement du ministre: une auto, qui surveillait probablement sa sortie, l’éclaire de ses phares.

D’autres éditions choisissent de présenter un décor du roman, par exemple le bureau du ministre, représentatif par son luxe.

On trouve parfois le ministre lui-même représenté à son bureau.

D’autres éditions proposent le décor de la demeure « officielle » du ministre, soit le ministère du boulevard Saint-Germain. Il sera représenté par une entrée monumentale, un escalier, ou un huissier ouvrant la porte.

D’autres éditions choisissent de présenter une scène, comme le vol du rapport Calame, ou la scène qui ouvre le roman, soit le retour de Maigret chez lui, lorsque sa femme lui apprend que le ministre l’a appelé à l’aide.

Certaines éditions proposent une illustration de la catastrophe de Clairfond.

Au début du roman, on apprend que le ministre est un fumeur de pipe, comme Maigret, avec lequel il se découvre des similitudes. Ces deux éditions néerlandaises illustrent à leur façon ce thème de la ressemblance.

Dans cette autre édition néerlandaise, on retrouve le thème des deux pipes, avec d’autres éléments qui rappellent la scène de la visite de Maigret chez le ministre: un numéro du journal la « Rumeur », ainsi que la bouteille d’eau-de-vie et les deux verres.

Enfin, on mentionnera ces trois éditions pour leur illustration originale d’un thème du roman: une édition italienne montre Maigret sur le point de s’installer chez lui, avant de devoir partir chez le ministre; en même temps, le dessinateur nous le montre comme accablé par le poids de la tâche qui l’attend; une édition bulgare nous montre un homme, probablement le ministre, devant une assemblée de notables: ce pourrait être une scène à la Chambre, mais cela évoque aussi l’idée du ministre accusé devant rendre des comptes à ses pairs; une édition norvégienne illustre la rencontre pleine d’empathie entre Maigret et le ministre.

 

Maigret et le corps sans tête: Aline et le canal Saint-Martin

Publié en juin 1955, ce roman, que Simenon a écrit dans sa dernière demeure américaine, évoque un endroit typique et emblématique de Paris: le canal Saint-Martin. Il y brosse aussi un portrait extraordinaire de femme, celui d’Aline Calas.

Comment mettre ce titre en image? A première vue, rien de plus simple: il suffirait de montrer un cadavre auquel il manquerait la tête… Mais ce serait passer à côté de nombreux autres thèmes du roman, et les choix d’illustration peuvent être fort divers. Pour qui connaît un peu l’intrigue du roman, le choix de l’édition originale est presque décevant: on y voit une pipe (celle de Maigret) et une main qui tient ce qui semble être un journal.

D’autres éditions choisissent de montrer un lieu qu’on trouve dans le roman, mais qui n’est pas le principal, et surtout qui pourrait aussi illustrer nombre d’autres romans: l’Institut médico-légal.

Certaines éditions préfèrent un décor plus caractéristique du roman: le canal Saint-Martin, souvent identifié par la passerelle qui le surplombe.

Le canal peut être symbolisé par une péniche, qui évoque aussi celle des frères Naud.

Certaines éditions présentent un corps en morceaux, ou une partie de celui-ci.

D’autres éditions montrent le scaphandrier qui travaille dans le canal.

Certaines éditions préfèrent présenter le personnage principal de l’intrigue: Aline Calas.

Enfin, mentionnons ces deux éditions anglaises, qui illustrent l’intrigue de façon imagée et symbolique.